Ce qui frappe dans l’écriture de Camille et Eric, qu’elle soit textuelle ou musicale, c’est l’énergie qui s’en dégage. Pas forcée, pas hystérique. Une énergie simple et vraie, directe.

Une fois encore, avec « Les indifférents » ils démontrent leur capacité étonnante à rendre l’émotion intelligente. A en faire non seulement le point de départ de la réflexion mais aussi son support.

Loin d’une parabole appuyée sur la différence, et excluant toute forme de prêt à penser, c’est une fable truculente et résolument inscrite dans la réalité qu’ils livrent ici. Pas de prêchi-prêcha sur l’exclusion. Pas de politiquement correct. Juste une réflexion parfois tendre, souvent iconoclaste et toujours drôle sur la recherche de « soi ». Recherche qui mène inévitablement à l’autre…

Directement dictée par la dramaturgie et vecteur idéal de la réflexion, la partition musicale, riche, puissante et protéiforme, fait plus que divertir ou émouvoir, elle achève de faire des « Indifférents » une œuvre théâtrale à part entière.

Ne renonçant ni à la finesse du trait, ni à la puissance de l’émotion, c’est cette énergie généreuse et cette intelligence que je souhaite mettre en valeur.

Ecouter. Veiller à la justesse de l’interprétation parlée ou chantée. Préciser toujours davantage les enjeux. Laisser surgir sur scène les fantasmes et l’inconscient des personnages. Soutenir l’émotion et la mettre en perspective. Théâtraliser l’intime. Telles seront nos pistes de travail.

Après avoir questionné la partie « non combustible » de l’être humain en compagnie d’Amélie Nothomb, nous voilà donc à la recherche de son« intime différence ». Comme un écho…

Stéphane Cottin

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